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JACQUES WEBER & FRANÇOIS MOREL

  • Débat 1988, Mitterrand - Chirac

    Des répliques ancrées dans la mémoire collective

    1. Entre-deux-tour des élections présidentielles. Le président sortant, François Mitterrand se retrouve face à Jacques Chirac, son premier ministre pour un débat télévisé qui restera un moment d’histoire exceptionnel. Jacques Weber et François Morel reprennent les rôles des deux candidats sans tomber dans le mimétisme. Ils se font la voix des textes, des discours, des déclarations qui ont marqué comme : « Vous avez tout à fait raison monsieur le Premier Ministre… » ; « Vous n’avez pas le monopole du cœur, vous ne l’avez pas… » ; « Vous avez tendance un peu à reprendre le refrain d’il y a sept ans, l’homme du passé » ; « Il est quand même ennuyeux que vous soyez devenu, vous, dans l’intervalle, l’homme du passif. ». Dans le rôle de la journaliste, Magali Rosenzweig en Michèle Cotta.

     

    Le public se laisse transporter par le charisme des personnages et la puissance des échanges. Déformer, contredire, déstabiliser, provoquer…, le débat politique est un exercice singulier. Les échanges semblent écrits pour les planches !  Il y a même une part de comique dans ce débat : seraient-ce les mimiques de Mitterrand ou les tirades de Chirac ?  Revivez, en 1h30, cette joute historique et il est frappant de mesurer à quel point les thèmes abordés n’ont pas pris une ride, trois décennies plus tard !

    Avec subtilité, ils incarnent leur personnage politique sans démesure.

    On ne présente plus les deux acteurs, donc voici un « bref » résumé de leur carrière :

    Jacques Weber, comédien et metteur en scène

    Jacques Weber s’initie à l’art dramatique dès l’adolescence et délaisse alors ses études. Après le Conservatoire du XVIIe arrondissement où il rencontre Francis Huster, il entre à l’âge de 16 ans à la Rue Blanche, puis au Conservatoire National l’année suivante. 3 ans plus tard, il obtient un prix d’excellence à l’unanimité au Concours de sortie et refuse d’être engagé à la Comédie Française pour rejoindre Robert Hossein à Reims.

    Parallèlement à une riche carrière théâtrale, Jacques Weber commence une activité cinématographique, faisant une petite apparition dans « Raphaël ou le débauché » en 1971, puis abordant des rôles secondaires dans « Faustine et le bel été » de Nina Companeez (1972), « Etat de siège » de Costa-Gavras (1973) et « R.A.S. » d’Yves Boisset (id.). On peut aussi l’apercevoir à la télévision dans plusieurs séries et téléfilms. L’alternance entre le cinéma, la télévision et le théâtre constituera d’ailleurs sa principale ligne de conduite au sein de sa longue carrière.

    Malgré quelques rôles remarqués (« Rive droite, rive gauche » (1984) de Philippe Labro et « Escalier C » (1985) de Jean-Charles Tacchella) ce n’est qu’en 1990 avec « Cyrano de Bergerac » de Jean-Paul Rappeneau qu’il se fait connaître du grand public. Il obtient grâce au rôle du Comte de Guiche le « César du Meilleur Acteur dans un second rôle » en 1991. Depuis, il prête sa carrure solide à des personnages de composition hauts en couleurs, aristocrate herculéen dans « Beaumarchais, l’insolent » d’Edouard Molinaro (1996) ou psychologue frustré dans « 7 ans de mariage » de Didier Bourdon (2003). Il signe un long métrage pour le cinéma en 1998, « Don Juan », tiré de la pièce de Molière, dont il est le personnage principal. Il réalise, également, des adaptations pour la télévision : « Ruy Blas » (2002) et « Figaro » (2008).

    A partir de 2006, il se fait plus présent au cinéma et se spécialise dans la comédie. Il est ainsi à l’affiche, généralement dans des seconds rôles, de « Les Aristos », « Les Ambitieux », « Odette Toulemonde » ou encore « Fais-moi plaisir ! » et « Ensemble c’est trop ». Il joue même son propre rôle dans « Le Bal des actrices » (2009) de Maïwenn. En 2012, on peut le voir dans deux comédies (« Sur la piste du Marsupilami » et « Arrête de pleurer Pénélope ») mais aussi dans le drame « Bienvenue parmi nous » de Jean Becker. Si son temps d’apparition à l’écran n’est jamais très important, c’est parce que Jacques Weber se consacre principalement à sa carrière théâtrale dont le succès ne s’est jamais démenti au fil des ans.

     

    François Morel, artiste aux multi-casquettes

    Fils et petit-fils d’agents SNCF, François Morel est très tôt attiré par le monde du spectacle. Après les premières pièces au lycée, il prend des cours de comédie à Caen (où il suit aussi des études de lettres modernes) puis à la Rue Blanche. Il commence à apparaître à la télévision en 1988 dans la série comique « Palace » de Jean-Michel Ribes où il interprète un groom.

    Enthousiasmé par une création de Jérôme Deschamps, il écrit une lettre au metteur en scène, qui l’engage bientôt dans sa troupe. C’est ainsi qu’on le retrouve sur scène (Lapin chasseur), mais aussi à la télévision, dans des sketchs qui font un tabac sur Canal + de 1993 à 1996 : « Les Deschiens ». Son personnage de fromager, entre bon sens et mesquinerie, qui vante les bienfaits du « Gibolin » et invite à composer le « 3615kinenveu », lui permet d’accéder à la notoriété.

    Dès « Une journée chez ma mère » en 1992, François Morel multiplie les apparitions dans des comédies, souvent dans des rôles de bon gars un rien naïf (« Fallait pas !… » de Jugnot). Retrouvant l’univers rural des Deschiens dans « Le Bonheur est dans le pré » (1995) de Chatiliez, il campe un célibataire parisien dans « Alliance cherche doigt » de Mocky. Une bonne partie de la troupe de Deschamps est réunie dans « Le Voyage à Paris » de Marc-Henri Dufresne, cinéaste avec qui Morel réalise deux courts, (« Les Pieds sous la table » en 1994, « Plaisir d’offrir » en 2000).

    Acteur, metteur en scène, chanteur, chroniqueur radio, homme de théâtre, François Morel trouve un de ses rôles les plus marquants, celui du mari hypocondriaque d’Ornella Muti, dans « Un couple épatant », premier volet de la trilogie de Lucas Belvaux (2003). Cet admirateur de Fernand Raynaud et Bourvil incarne volontiers les sans-grade (« Ah ! si j’étais riche », 2002) et « les casse-pieds » (Au sud des nuages, id.), mais son flegme et sa bonhomie en font aussi un parfait commissaire « agathachristien » (« L’Heure zéro » de Pascal Thomas, 2007).

    Après un passage dans « le vieux Paris » recréé par Christophe Barratier (Faubourg 36 en 2008), Morel revient à la comédie pure et dure dans « Musée haut, musée bas ». En 2010, il incarne un petit rôle dans « Gainsbourg (Vie héroïque) » de Joann Sfar qu’il retrouve pour le film d’animation « Le Chat du Rabbin », où il prête sa voix au félin. L’acteur revient en chair et en os dans « La Nouvelle guerre des boutons » (2011) ainsi que dans « Mais qui a re-tué Pamela Rose ? » (2012), nouvelle comédie de Kad et Olivier. Dans « Le Grand Retournement » (2013), l’acteur nous fait rire dans une tragi-comédie sur fond de crise économique.

     

    EN SAVOIR PLUS

    http://www.theatremontansier.com/evenement/1988-le-debat-mitterrand-chirac/

    https://www.sceneweb.fr/jacques-weber-et-francois-morel-rejouent-le-debat-mitterrand-chirac-de-1988-2/

    VIDEO

    https://www.francetvinfo.fr/politique/jacques-chirac/theatre-le-debat-mitterrand-chirac-de-1988-joue-sur-les-planches_2144138.html

    DISTRIBUTION

    Comédiens : François Morel, Magali Rosenzweig et Jacques Weber

    Réalisateur/Metteur en scène : Jacques Weber

    PRODUCTION :  Théâtre de Montansier

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