Autophagies (Histoires de bananes, riz, tomates, cacahuètes. Et puis des fruits, du sucre, du chocolat) est une performance cuisinée conçue par Eva Doumbia et créée pour le festival d’Avignon en 2021.
S’inspirant largement de son enfance où le repas servi quotidiennement « à la française » par sa mère normande était supplanté, lors de soirées avec les amis ivoiriens ou maliens de son père africain, par le mafé servi au centre de la table où tout le monde plongeait ses mains, Autophagies s’expérimente avant tout.
Performatif, Autophagies fait appel à différentes disciplines artistiques (cuisine, musique, vidéo, danse, textes) qui se traduisent sur scène par le mélange d’univers aussi contradictoires qu’une cuisine d’un restaurant et un lieu sacré.
Parlant des origines de nos aliments, de notre cuisine, de ce que nous mangeons qui raconte ce que nous sommes, ce spectacle lie la mémoire de la colonisation avec les mécanismes actuels d’exploitation, tout en tentant d’inventer un rituel de soin, ludique et contemporain. Au creux des goûts, du plaisir de la bouche, se nichent des histoires de voyages, de conquêtes, de dépossessions, de déportations et de mises en esclavage. Nos plats et nos assiettes sont envahies par l’histoire.
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BIOGRAPHIE D’EVA DOUMBIA
Née à Gonfreville l’Orcher, dans la banlieue du Havre, Eva Doumbia grandit dans un milieu qui brasse ouvriers syndiqués, travailleurs immigrés, étudiants africains, enseignant.e.s normand.e.s… Après des études en Lettres modernes et théâtrales à l’Université de Provence (Aix/Marseille), elle se forme à l’Unité Nomade de Formation à la mise en scène auprès de Jacques Lassalle, Krystian Lupa (mise en scène), André Engel/Dominique Müller (dramaturgie et mise en scène), Pierre Mélé/André Serré/Marion Hewlett (stage technique). Elle est une des co-fondatrices du collectif « Décoloniser les Arts » qui œuvre depuis 2016 à une meilleure représentation des minorités dans la culture.
Au début des années 2000, elle crée des performances à partir de ses propres textes, Les Anges Rouges de la Ville, Hommes, Femmes, Escargots dans des espaces non théâtraux. Eva Doumbia écrit plusieurs textes pour le théâtre marseillais pour enfant Badaboum Théâtre, dont elle assure parfois la mise en scène. Elle traverse les écritures d’autres auteurs comme Edward Bond, Alfred de Musset, Fabrice Melquiot, Kouam Tawa, Peter Turrini, Lars Noren, Bertolt Brecht. Elle est également l’une des toutes premières à collaborer avec Dieudonné Niangouna, Aristide Tarnagada ou Léonora Miano. Adaptant dans un premier temps les romans de Chester Himes, Maryse Condé, Yanick Lahens, Fabienne Kanor, Jamaica Kincaid, elle débute l’écriture en 2015 en collaborant notamment avec Raharimanan pour Anges Fêlées. Elle participe aux ouvrages collectifs Décolonisons les Arts, en 2017 chez l’Arche Editeur sous la direction de Françoise Vergès, Gerty Dambury et Leila Cuickermann, Ce qui nous arrive 1 aux Éditions Espace 34 en 2020 ; Parages 10 (revue du TNS) aux Solitaires Intempestifs ; Pigments and the clarinet choir, Léon-Gontran Damas Jazz Poetry (Live-CD) en 2021.
Pédagogue, elle dirige des ateliers dans les écoles nationales supérieures (ERAC, École de la Comédie de Saint Etienne, École de Chaillot), dans le cadre de la formation continue (AFDAS avec la Réplique), mais aussi avec des publics amateurs, dans la cadre de projets spécifiques, comme des ateliers au pieds des immeubles. Elle anime régulièrement des sessions de formation en partenariat avec les Centres Culturels français (Ouagadougou, Niamey, Bamako, Brazzaville, Libreville, Yaoundé mais aussi au Brésil, en Haïti).
Avec : Alexandre Bella Ola, Bamoussa Diomande, Eva Doumbia, Lionel Elian, Yuika Hokama, Olga Mouak
Textes : Eva Doumbia et Armand Gauz
Mise en scène : Eva Doumbia
Assistée de Karima El Kharraze et Sophie Zanone
Musique originale et chants : Lionel Elian
Cuisine : Alexandre Bella Ola (Rio dos Camaraos)
Chorégraphie : Massidi Adiatou
Costumes et univers visual : Sylvain Wavrant
Création lumières : Stéphane Babi Aubert
Régie générale : Loïc Jouanjan
Vidéo : Sandrine Reisdorffer
Avec la participation de Fargass Assandé
Images : Charles Ouitin et Lionel Elian
Son : Cédric Moglia
Collaboration artistique : Fabien Aïssa Busetta
MENTIONS LÉGALES
Production : La Part du Pauvre/Nana Triban
Coproduction : Théâtre du Nord, CDN Lille-Tourcoing-Hauts de France, Théâtre du Point du jour (Lyon)
Avec le soutien de : Drac Normandie, Ville d’Elbeuf, les Grandes Tables (Friche la Belle de Mai / Marseille) – Fonds d’Insertion pour Jeunes Artistes Dramatiques, Consulat de France à la Nouvelle Orléans, LSU (département Francophonie à Bâton Rouge, États-Unis), Ambassade de France aux États- Unis, Commission Internationale du Théâtre Francophone, FACE fondation, Théâtre de la Joliette (Marseille) ; Avec l’aide de Anis Gras-Le Lieu de l’autre (Arcueil), Fundamental Monodrama Festival (Luxembourg), Kumaso (Bamako), N’Soleh (Abidjan), Centre Social de la Savine (Marseille), Ateliers Médicis (Clichy-Montfermeil), Beauport-Guadeloupe, la Chapelle du Verbe incarné (Avignon), Festival Papap (Port au Prince) et l’Entrepôt (Paris)