HomeLes SpectaclesThéâtre COMPAGNIE SERRES CHAUDES

COMPAGNIE SERRES CHAUDES

« Bleue » – par Coraline Cauchi

THÉÂTRE/CRÉATION

Une pièce en création.

La compagnie Serres Chaudes menée par Coraline Cauchi est actuellement en création d’un nouveau spectacle BLEUE, dont la réflexion de départ pourrait être : « nous aimons les animaux, et pourtant nous les mangeons. »

Bleuenn est bouchère. Bleuenn est une femme. Bleuenn aime son métier comme elle aime les animaux. Et peut-être parce qu’elle a choisi « un métier d’homme », Bleuenn va torde le cou au patriarcat, s’emparer de rituels multiples pour mieux penser (panser?) notre lien aux animaux, et faire de son art(isanat) un chant d’amour autant qu’un cri primitif.

 

À la fin Bleuenn meurt. Ce n’est ni triste ni horrible ni fataliste ni victimaire ni injuste ni militant. Si ça nous provoque cette petite sensation déplaisante dans le ventre, c’est qu’on préfère ne pas trop penser que ça fait partie de la vie.

Une réflexion sensible. Un portrait de femme.

Compagnie Serres Chaudes 

Fondée en 2006 à Orléans, Serres Chaudes est une structure artistique à dominance théâtrale. Laboratoire d’expérimentation et de création artistique, Serres Chaudes explore les écritures contemporaines à travers des projets allant de la lecture musicale au concert jazz électro, en passant par des créations de textes dramatiques.

La metteuse en scène Coraline Cauchi en assure la direction artistique. Elle est repérée en 2010 dans le cadre du dispositif Premières Lignes pour sa première mise en scène « L’amant(e) » d’après l’oeuvre de Duras. Serres Chaudes est ensuite retenu en 2014 pour Premiers Essais et est venu à l’Atelier à spectacle en 2015 pour répéter « Clean me up ».

 

Coraline Cauchi

Titulaire d’une Licence de Lettres Modernes et formée à l’École Nationale d’Art dramatique d’Orléans.

Elle a suivi des stages de théâtre avec Samuel Churin, Pierre-André Weitz, Isabelle Ronayette, Hélène Soulié, Alain Françon, Mélanie Leray, Daniel Jeanneteau, Mathieu Bertholet, Jean-Pierre Baro, Pascal Kirsch ; de cinéma avec Jean-Paul Civeyrac ; et de danse avec Katsura Kan, Gyohei Zaïtsu, Clément Aubert, Boris Hennion.

Elle joue sous la direction notamment de Patrice Douchet, Antoine Cegarra et Tiina Kaartama.

Elle est assistante à la mise en scène auprès de Christophe Maltot, Jean-Michel Rivinoff, Thierry Falvisaner et Mohamed El Khatib.

En 2007, elle met en scène Les règles du savoir-vivre dans la société moderne de Jean-Luc Lagarce. En 2011, elle créé L’Amant(e), adaptation du roman L’Amant de Marguerite Duras. En 2015, elle crée La Théorie de l’Hydre d’Antoine Cegarra. En 2016, elle crée CLEAN ME UP, projet pour lequel elle invite quatre auteurs de théâtre contemporain à collaborer à l’écriture.

Responsable artistique de Serres Chaudes, elle dirige également un Cycle de Lectures de théâtre contemporain (mises en espace de textes de Daniel Keene, Marius Von Mayenburg, Naomi Wallace, Sabryna Pierre, Fausto Paravidino, Anja Hilling, Eric Pessan…). Très impliquée dans la transmission, elle intervient depuis plusieurs années auprès de publics divers (scolaires, option-théâtre, amateurs…)   dans le cadre d’ateliers de pratique théâtrale.

 

Note d’intention de Coraline Cauchi, metteuse en scène et comédienne :

« BLEUE est une réflexion sensible sur l’art(isanat) de la boucherie et sur celui du théâtre.

BLEUE est aussi un portrait. Celui de Bleuenn qui a choisi « un métier d’homme », comme d’autres deviennent religieuse ou comédienne.

BLEUE est un dialogue entre une comédienne et un musicien, un chant d’amour autant qu’un cri primitif.

Par fragments, entre rêve et réalité, entre fable et documentaire, une jeune femme pratique son art avec passion et minutie. Elle manie le hachoir en dansant aux sons de la scie mécanique et des basses électroniques. Pour expulser, pour expier peut-être… Elle est de son époque, et celle-ci est en train de bouger… Elle sait par exemple que manger de la viande est moins à la mode aujourd’hui qu’il y a 30 ans. Elle sait aussi « que la fin d’une espèce est en train d’arriver. […] que le patriarcat est en train de tomber. Et que c’est dans la joie que nous dansons dessus. » (dixit Chloé Delaume). Traversée par différentes figures qu’elle porte en elle (la chevaleresse, la chamane, l’animal totem…) – autant de corps qui l’éloignent du réel et lui permettent donc de mieux le questionner – Bleuenn s’attaque sous nos yeux au patriarcat, et nous aide aussi à repenser notre lien aux animaux et aux rituels, dans un souci de vérité et non de réalisme.

Boucherie et Féminisme : deux axes qui se confondent et se font écho… Dans Faiminisme, Nora Bouazzouni écrit : « C’est la portée symbolique du sang féminin, notamment menstruel, porteur de vie, qui a poussé les hommes à élaborer de nombreux interdits basés sur des superstitions. On aurait donc interdit aux femmes d’utiliser des outils et armes tranchantes avec lesquelles elles pouvaient donner la mort en faisant couler le sang : « Tout se passe comme si la femme ne pouvait mettre en jeu le sang des animaux, alors qu’il est question en elle de son propre sang. Tout se passe comme si on ne pouvait cumuler un sang et un autre. » » Et dans la revue Ballast, Christiane Bailey et Axelle Playoust publient une étude intitulée « Féminisme et cause animale » dans laquelle on peut lire : « Si femmes et animaux partagent une proximité historique et matérielle de fait, c’est avant tout qu’elles et ils partagent un adversaire commun : le patriarcat, ce dernier les assignant à une place spécifique dans l’ordre du monde. ».

Bleuenn est une figure de femme moderne, émancipée, mais néanmoins porteuse des soumissions imposées aux femmes depuis toujours et dans lesquelles elle se débat encore. Peut-être ne sait-elle pas précisément pourquoi elle a eu envie d’être bouchère… Sans doute n’a-telle même pas conscience de la portée militante de son choix. Mais c’est bien de cela qu’il s’agit.

Le spectacle cherchera aussi à réconcilier en nous le paradoxe fondamental qui fait qu’on aime les animaux et qu’en même temps on les mange. Les bouchers se présentent comme les premiers défenseurs de la cause animale, et le respect de l’animal est une obsession pour eux : ne pas oublier qu’avant la viande, il y avait un animal ; être capable de regarder la bête que l’on mange ; être à la hauteur du sacrifice. Et savoir que c’est la bouchère qui fait disparaître l’animal et apparaître la viande, que c’est elle qui nous permet d’oublier le bœuf derrière le steak. C’est une magicienne finalement. Et replacer chacun dans la grande chaîne du vivant, sans opposition binaire : la viande ou la bête, la bouchère ou le bœuf. Regarder sous la peau. Regarder nos chairs.

La trame dramatique de BLEUE se construit donc sur un principe d’alternance et de juxtaposition, voire de paradoxe : aimer les animaux / les manger ; boucher / chevalier ; jour / nuit ; rêve / quotidien ; homme / femme ; femme / animal ; jazz-électro / machines mécaniques…

 

DISTRIBUTION

Conception et interprétation  : Coraline Cauchi
Musique en live  : Baptiste Dubreuil
Écriture  : Clémence Weill
Scénographie, accessoires et costumes  : Violaine De Cazenove
Regard extérieur, direction d’actrice  : Hélène Stadnicki
Collaboration chorégraphique  : Karine Vayssettes
Création Lumière  : Jonathan Douchet
Régie Son  :  en cours
Fabrication Masque  : Loïc Nebreda

 

EN SAVOIR PLUS

http://serreschaudes.fr/bleue/

Billetterie

Partenaires