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Compagnie Point Virgule

  • "Echo" de Claire Jenny et Etienne Aussel

    DANSE CONTEMPORAINE / VIDEO

    Un poème visuel

    C’est l’explosion des limites physiques à l’espace qui intéresse la chorégraphe Claire Jenny et le vidéaste Etienne Aussel. Le projet Echo en est le résultat. Créée pour cinq danseurs, la pièce est structurée par deux espaces en dialogue : un espace scénique et un espace de projection, dans sa continuité. L’écriture se déploie par des allers-retours et des superpositions d’écrans à la scène et de la scène aux écrans. Les interprètes se croisent, réels ou virtuels, déjouant les règles de la pesanteur et de la perspective, formant un ballet-miroir incessant, distancié, grave et drôle.

    C’est un spectacle vivant, où l’image n’envahit pas le regard mais vient enrichir le dialogue avec le corps d’abord, et avec son environnement ensuite. La nature des échanges passe par la question de l’écho. L’écho qui prend forme dans différents espaces (le corps, la scène, la boîte, l’écran) qui vont entrer en résonance les uns avec les autres, se chercher, se répondre, s’amplifier et se mettre en tension.

    La cohabitation avec l’image est aussi au centre du défi que les cinq interprètes doivent relever. Le cadre, le hors-champ, le double et la projection de soi sont constitutifs des enjeux de la présence physique au plateau et de la recherche gestuelle.

    L’engagement des corps et le traitement de leurs images questionnent les travers de notre époque, narcissisme et mise en scène de soi, surexposition médiatique via Internet et les réseaux sociaux.

    Claire Jenny est bien connue à l’Atelier à spectacle puisqu’elle est venue avec deux pièces : Effigies en 2011 et une pièce jeune public de la compagnie Tiens-toi droit !!! (2014).

    L’image de soi et ses résonances médiatiques.

    Mot de Etienne Aussel, vidéaste

    L’espace blanc, vide, monolithique, est occupé par des silhouettes. Il figure un espace médiatique dont chacun tente de se saisir, où chacun se risque à exister, que chacun essaie de s’accaparer. S’il propose aux corps des danseurs de nombreux possibles, il révèle aussi ses limites. Il enferme, pèse ou fait perdre pied avec le réel, décuple ce sentiment de vide de l’existence, il trace les contours d’une absence. Deux tailles de boîtes sont utilisées. Au sein d’une étroitesse constante de l’espace de projection, les danseurs sont toujours dans l’obligation de se courber ou de se contorsionner pour y rentrer. Les danseurs circulent, découvrent, s’apaisent, s’exposent, se déploient, brillent, jouent avec les limites du cadre, résistent. Ils explorent des états contrastés, diverses stratégies de mouvement. Ils peuvent se retrouver parfois à plusieurs à l’intérieur d’une boîte, parfois seuls. Ce dispositif offre aussi la possibilité aux interprètes d’explorer d’autres équilibres, les parois de la boîte blanche leur servant d’appuis. Les boites sont filmées à l’envers, ouvrant des jeux avec la pesanteur, troublant ainsi notre perception de la gravité.

    Mot de Claire Jenny, chorégraphe

    Un unisson frontal, une masse en quête du regard de l’autre, comme un miroir pour se refléter et scander la pièce. Parfois il frise la séduction, ou l’inquisition, dans ses intentions vers le public. Il se forme au fur et à mesure, assimilant les cinq interprètes. Il se déploie comme un leitmotiv tout au long de la pièce : du balbutiement à l’affirmation, de l’affirmation au délitement. Des relations singulières s’expérimentent avec les images projetées, elles-mêmes de nature et de facture différentes. Les interprètes traversent différents états d’être, des mobilités en interaction avec l’image des autres danseurs comme avec leur double virtuel. Dans un premier temps, ils semblent privilégier les jeux de miroirs et de reflets, puis comme absorbés par leur image, ils se perdent, cherchent leurs repères. Ils tentent de reprendre pied dans leurs relations à l’appui des espaces, de l’autre.

    Distribution

    Conception : Claire Jenny et Étienne Aussel

    Chorégraphie : Claire Jenny

    Vidéo : Étienne Aussel

    Interprètes : Marie Barbottin, Olivier Bioret, Iffra Dia, Rodolphe Fouillot et Laurie Giordano

    Lumières : Emmanuel Gary

    Scénographie : Pascal Dibilio et Claude Bourgeron

    Cheffe opératrice : Ludivine Large-Bessette

    Costumes : Marthe Dumas

    Univers sonore : Nicolas Martz Musiques : Arvo Pärt

    PRODUCTION : Compagnie Point virgule

    COPRODUCTION : Prisme – Centre de développement artistique de Saint-Quentin-en-Yvelines

    RESIDENCE : l’Agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, CDC Atelier de Paris-Carolyn Carlson

    RESIDENCE DE CREATION + PRODUCTION : CCN de Tours / Direction Thomas Lebrun, Théâtre Jean Vilar à Vitry-sur-Seine, MAC de Créteil, l’Emmetrop à Bourges, Ville de Champigny-sur-Marne

    SOUTIENS : DRAC Centre, Région Centre, Culture O Centre dans le cadre du dispositif l’Incubateur, l’ADAMI, Conseils départementaux d’Eure-et-Loir, des Yvelines, de l’Essonne et du Val de Marne, l’école de formation aux métiers de la scène et de l’image 3IS à Élancourt

    Zoom sur...

    Claire Jenny et sa compagnie Point virgule

    En 1999, Claire Jenny crée sa première pièce Jeune public Touche à Tout. Très vite reconnue par un large réseau de scènes dédiées à l’enfance, elle crée Prendre l’air en 2006, Incertain corps en 2008 et Le corps en délibéré en 2009. L’ensemble de ces créations destinées aux tous petits l’a longuement menée sur les routes de France. Musicienne de formation (Certificat de Fin d’Etudes Musicales, flûte traversière, à l’Ecole Nationale de Musique et de Danse de Yerres en juin 1993), elle porte une attention particulière aux multiples relations qu’entretiennent l’art de la danse et celui de la musique et plus généralement à la rencontre de l’art chorégraphique avec d’autres langages artistiques. Personne Ressource pour la danse à l’école, Claire Jenny mène de nombreux projets reliant ses processus artistiques et les enjeux de l’éducation de l’enfant. Fidèle à sa démarche : « qu’est-ce qui fait qu’on tient debout, en équilibre et en interaction paisible avec notre environnement ? », elle déploie un questionnement sensible sur l’être et le devenir de l’humain quels que soient les contextes de ses projets : des prisons en passant par les cités des banlieues françaises jusqu’aux territoires palestiniens. Depuis 1995, elle mène plus d’une douzaine de projets de créations en milieu carcéral mêlant personnes détenues et artistes de la compagnie Point Virgule en France et au Québec.

    Cette démarche, encore trop rare car elle questionne sensiblement les enjeux de l’enfermement des corps, a été soutenue par le Ministère de la Culture et de la Communication dans le cadre d’une « aide à la recherche et à l’écriture », par la Fondation Beaumarchais et par l’AFAA – ex Institut Français – dans le cadre du programme « En quête d’auteurs ».

    En 2009, elle publie Chairs incarcérées : une exploration de la danse en prison, ouvrage coécrit avec Sylvie Frigon, chercheuse en Criminologie à l’Université d’Ottawa. Bouleversée par ces rencontres artistiques et humaines singulières, Claire Jenny crée deux pièces en écho à cette expérience : Résilience en 2001 et Cheminement en 2004. À la lisière de l’ensemble de ces expériences, nourrie par elles, Claire Jenny crée Chairs (de) femmes en 2010 et Effigies en 2011 ; deux projets pour explorer la modélisation des représentations féminines et la manière dont elle détermine nos pratiques, nos manières d’être et de paraître, notre vision. Au cours de la saison 2012/2013, elle déploie une démarche de création singulière dans le cadre d’une résidence d’artistes en milieu scolaire pour initier la nouvelle pièce jeune public de la compagnie Tiens-toi droit !!! L’enjeu de ce projet est de questionner comment l’enfant se développe, se déploie (ou non) dans ce contexte, comment l’école, les « adultes éducateurs » véhiculent des normes liées aux postures et aux mobilités autorisées ou non.

    Actuellement, la compagnie diffuse les fondamentaux de la démarche artistique de Claire Jenny dans tous les contextes : pièces, ateliers de pratique avec les amateurs et temps de rencontres avec les publics (répétitions publiques, conférences, débats,…). Et quelles que soient les situations, la transmission de la saveur, des valeurs, de la pensée, de la pratique et des œuvres de l’art de la danse sont les mots clés de Claire Jenny.

    Étienne Aussel

    Etienne Aussel crée des images pour la scène, la danse, l’opéra, des installations vidéo / art numérique. Il a collaboré dix ans avec José Montalvo et Dominique Hervieu, et a travaillé avec les chorégraphes Rosalind Crisp, Nasser Martin-Gousset, Aïcha M’Barek & Hafiz Dhaou et Claire Jenny. Parallèlement auteur-réalisateur et monteur de films documentaires, il filme la danse et réalise des portraits de chorégraphes contemporains. En 2013, il monte le dernier long-métrage du cinéaste et prix Nobel de Littérature, Gao Xingjian, Le deuil de la beauté. En 2015, il coréalise son premier long-métrage documentaire Sacres, film sur le Sacre du Printemps et l’imaginaire du rituel dans la danse contemporaine en compétition au FIPA 2016 et primé dans divers festivals internationaux. Il intervient au Théâtre National de Chaillot ainsi qu’au Centre National de la Danse à Pantin.

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